Du symptôme au système : changer de regard sur les organisations ?

Certaines situations semblent se répéter dans les organisations malgré les actions mises en place.
Un conflit réapparaît. Une réorganisation produit peu d'effets. Le désengagement persiste. Le turnover continue.

Comme si le problème revenait sans cesse sous des formes différentes.
Face à ces situations, notre premier réflexe est souvent le même : chercher une explication immédiate. Une personne en difficulté. Une mauvaise décision. Un manque de compétences. Un dysfonctionnement qu'il faudrait corriger.

Et si le problème n'était pas là où nous le cherchons ?

Le piège du symptôme
Dans les sciences médicales, un symptôme constitue un signal précieux.  Mais il ne désigne pas nécessairement l'origine du problème.

Une douleur n'est pas toujours située là où se trouve sa cause. Une inflammation visible peut être la conséquence d'un déséquilibre plus profond. Le rôle du praticien n'est donc pas seulement d'observer le symptôme, mais de comprendre ce qu'il révèle du fonctionnement global de l'organisme.

Dans les organisations, nous avons pourtant souvent tendance à faire l'inverse.

Nous focalisons notre attention sur ce qui est immédiatement visible : un manager en difficulté, une équipe en tension, un conflit récurrent, un collaborateur désengagé.
La question devient alors : Qui est le problème ?

L'approche systémique invite à déplacer le regard.
Elle propose une autre question : Que nous révèle ce symptôme du fonctionnement du système dans son ensemble ?
Ce changement de perspective est loin d'être anodin.
Il ne consiste pas à nier les responsabilités individuelles. Il consiste à reconnaître qu'un comportement prend toujours sens dans un ensemble d'interactions plus vaste.

Comprendre les interactions plutôt que les individus isolés
Dans le vivant, aucun organe ne fonctionne seul.
Le système nerveux, le système endocrinien, le système immunitaire, le microbiote ou encore l'environnement interagissent en permanence.
L'équilibre d'un organisme ne dépend pas d'un seul élément mais de la qualité des interactions entre tous ces systèmes.
Les organisations présentent une réalité comparable.
Les comportements individuels sont influencés par les relations, les rôles, les règles explicites et implicites, les modes de décision, la culture ou encore l'histoire du collectif.
Observer uniquement les individus revient alors à regarder une seule pièce d'un puzzle.
L'approche systémique invite au contraire à observer les liens, les influences réciproques et les dynamiques qui se construisent au fil du temps.

Changer de regard, c'est souvent passer des personnes aux interactions.

Les boucles de rétroaction : quand le système entretient lui-même les difficultés
L'un des apports majeurs de la pensée systémique est la compréhension des boucles de rétroaction.

Certaines difficultés ne sont pas maintenues par une personne. Elles sont entretenues par le fonctionnement même du système.

Prenons un exemple :
Un manager contrôle davantage parce qu'il manque de confiance. L'équipe prend alors moins d'initiatives. Constatant ce manque d'autonomie, le manager renforce encore son contrôle.

Le système produit progressivement ce qu'il cherche précisément à éviter.

Dans le vivant également, certains mécanismes biologiques s'auto-entretiennent.
Comprendre ces boucles permet non seulement de mieux analyser une situation, mais aussi d'identifier des points d'appui pour transformer durablement le fonctionnement du système.

Aucun système n'existe indépendamment de son environnement
Un organisme vivant ne peut être compris indépendamment de son environnement. Il évolue au sein d'un écosystème qui influence en permanence son fonctionnement.
Les organisations également.
Leur histoire, leur culture, leurs contraintes, leur environnement économique ou encore leurs transformations passées façonnent les comportements observés aujourd'hui.
Chercher à comprendre une difficulté sans prendre en compte ce contexte revient souvent à n'en voir qu'une partie.
L'approche systémique nous invite ainsi à élargir notre regard plutôt qu'à réduire notre analyse.

Quand le coaching d'organisation rejoint les sciences du vivant
Pendant près de vingt-cinq ans, Candice Rigoulay a évolué dans l'univers des sciences médicales et de l'innovation en santé.Cette expérience lui a appris à respecter la complexité du vivant.

Le coaching d'organisation lui fait aujourd'hui retrouver une réalité comparable : celle de la complexité des systèmes humains.
Dans les deux cas, une même tentation existe : chercher une cause simple à une réalité complexe.

Pourtant, les transformations durables émergent rarement d'une solution isolée.
Elles apparaissent lorsque les interactions évoluent, lorsque les acteurs changent leur regard et lorsque le système retrouve davantage de souplesse.
Cette manière d'observer les organisations ne conduit pas à rechercher un responsable.
Elle conduit à comprendre les dynamiques qui rendent certaines situations possibles… puis à créer les conditions d'un nouvel équilibre.

Du symptôme au discernement
Face à une difficulté organisationnelle, la première question n'est peut-être pas : « Que faut-il corriger ? »
Mais plutôt : « Que nous révèle cette situation du fonctionnement du système ? »

Chez Cœur'Dial, cette lecture systémique nourrit l'accompagnement des dirigeants, des équipes et des organisations confrontés à des situations humaines complexes.

Parce que dans les organisations comme dans le vivant, comprendre un système ne consiste pas à désigner un responsable. C'est chercher à comprendre les interactions qui façonnent une réalité, pour ouvrir de nouvelles possibilités d'action.

Voir autrement, c'est déjà commencer à agir autrement.